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CPP Adam Smith


Nombre de messages: 839 Localisation: Bientôt dans les geôles de l'état français. Date d'inscription: 08/01/2005
 | Sujet: Vlad l'Empaleur Ven 1 Déc - 8:37 | |
| Vladimir Poutine, du KGB au Kremlin Article paru dans l'édition du 02.01.00
Les Russes savent encore peu de choses sur le passé de leur nouveau président par intérim. Surnommé « le Terminator raisonnable », il a su défendre les intérêts de M. Elstine en étouffant le scandale Mabetex. Ses succès électoraux et sa poigne en Tchétchénie ont accéléré son ascension
N pour cent d'intentions de vote à l'élection présidentielle. C'est le piteux résultat qu'obtint Vladimir Poutine, au lendemain de son parachutage surprise à la tête du gouvernement russe, en août. L'homme, parfaitement inconnu du grand public, avait hérité d'un titre difficile à porter en Russie : bombardé, dans la torpeur de l'été, « dauphin » de Boris Nikolaïevitch Eltsine, le vieux, malade et impopulaire président. Dans les couloirs du pouvoir, certains se gaussaient ainsi des « maigres chances » de la nouvelle coqueluche du Kremlin, qui plus est affublé d'un nom de famille aux consonances douteuses et d'un physique ne correspondant pas aux attentes traditionnelles des Russes.
Sur les écrans de télévision, Vladimir Poutine, quarante-sept ans, le discret président du FSB (ex-KGB) et secrétaire du conseil de sécurité, faisait alors presque pitié à voir. Petit homme aux cheveux blonds filasse, doté d'une longue figure pointue et mobile, et d'un regard alternativement perçant, triste et fatigué, le nouveau premier ministre (le cinquième en l'espace d'un an et demi) n'inspirait rien de bon. Manifestement horriblement mal à l'aise en public, il était alors tout juste capable d'annonner son texte.
Mais le miracle fut. Quatre mois après, le « phénomène Poutine » s'est imposé dans tous les foyers russes. L'homme, métamorphosé en bête médiatique, parle haut et fort. Il prône une nouvelle idéologie confondante de simplicité : le « patriotisme », et s'est lancé dans une guerre sans merci contre la Tchétchénie, se moquant des mises en garde de l'occident. Sa courbe de popularité a crevé le plafond : plus de 50 % des intentions de vote aux prochaines présidentielles, gonflant au rythme de ses sorties sur les terroristes tchétchénes qu'il faut « buter dans les chiottes ». Et « son » parti Unité - également connu sous le nom de Medved (l'ours)- a pu a la mi-décembre rafler un quart des sièges à la Douma d'Etat (la chambre basse du Parlement), juste derrière le Parti communiste.
Celui qu'un hedomadaire russe surnomma il y a peu le « Terminator raisonnable », est en quelque sorte devenu un homme complet. Prêt à s'assoir dans le fauteuil présidentiel que lui tend aujourd'hui Boris Eltsine. A la veille du scrutin législatif, son service de presse pris cependant soin d'apporter une dernière touche à son image. Vladimir Poutine dans le rôle du « champion de judo » surgissait ainsi sur les écrans d'ORT et de RTR, les chaînes de télévision publiques. Ces images le montraient en kimono, le visage et le corps tendus dans l'effort, agile et rapide comme l'éclair, envoyant au tapis tous ces adversaires. Quelques semaines auparavent, le premier ministre s'était embarqué à bord d'un avion Mig pour faire des looping.
POURTANT les Russes n'en savent guère plus sur leur nouveau président par intérim. Sa vie d'« avant » et sa carrière politique ressemblent à une « boîte noire » - pour reprendre l'expression d'Igor Malachenko, le directeur de Média-Most - qu'aucun journaliste n'a encore eu le temps, ou le courage, d'ouvrir.
De ses jeunes années, les biographes ne retiennent ainsi que quelques lignes. En 1975, Vladimir Poutine a vingt-trois ans. Il a en poche un diplôme de la Faculté de droit de Leningrad (Saint-Petersbourg), sa ville natale. Le KGB prend alors contact avec lui, l'invitant à rejoindre les rangs des « forces vives de la nation ». Le jeune Poutine servira pendant quinze ans au sein de la prestigieuse « Première direction générale », les services de renseignements extérieurs. Il appartient à l'élite soviétique des « kadrovié» - ces cadres dont le KGB dispose à sa guise -, et puisqu'il parle couramment l'allemand, ses chefs décident de l'envoyer en mission en Allemangne, en Autriche et en Suisse.
Impossible cependant d'en savoir plus sur sa vie de jeune espion. A-t-il été apprécié par ses supérieurs ? Oleg Nietchiparenko, un ancien du KBB qui fit toute sa carrière en Amérique latine, en doute. « Son passage en Allemagne contrairement à ce que l'on dit fut très court. Ce qui incite à penser qu'il s'est passé quelque chose. A- t-il été renvoyé ? Je n'en sais rien », dit-il prudent. Une annecdote, rapportée par un proche, incite cependant à penser que Vladimir Poutine fut jusqu'au bout un bon « Kgébiste ». Ce banquier, qui vient d'être élu sur la liste « Unité», raconte ainsi comment en 1989, Vladimir Poutine lui offrit, en guise de cadeau d'anniversaire, un buste de bronze de Felix Djerzinski, le fondateur de la Tcheka (ex-KGB). Mais, dans les cercles qui s'occupent de promouvoir l'image actuelle de Vladimir Poutine, on assure qu'il quitta le KGB le premier jour du « putsch » d'août 1991. « Personne ne savait alors comment les choses allaient tourner. Vladimir Vladimirovitch a eu le courage de touner le dos à ceux qui avaient trahi le président Eltsine » , confie-t-on.
Officiellement, c'est en 1990 que Vladimir Poutine, décide de se lancer dans une carrière « publique », alléché, comme bon nombre de ses « camarades » par l'odeur de la perestroïka. Son ancien professeur de droit, Anatoly Sobtchak, le démocrate, alors président du soviet de Léningrad, lui propose alors un poste de conseiller. Puis, une fois élu maire de la « capitale du nord », l'invite à présider le « Comité chargé des relations extérieures, département stratégique chargé d'attirer les investissements étrangers.
A Saint-Petersbourg, Vladimir Poutine, se glisse sans mal dans la peau du « cardinal de l'ombre ». Il est le fonctionnaire incontournable pour tous ceux qui veulent faire des affaires. Vladimir Tchourov qui travailla cinq ans à ses côtés, vantait récemment les mérites de son ancien patron. « Il jouissait d'une grande autorité dans les cercles politiques et les milieux d'affaire et pas seulement dans notre ville », expliquait-il à la Komsomolskaïa Pravda. Stanislav Eremeev, l'ancien recteur de l'université de Saint- Petersbourg, estime, quant à lui, que Vladimir Poutine-devenu vice-maire dès mars 1994-et son « style de travail », permirent à la ville d'attirer de « gros investisseurs étrangers », comme Procter and Gamble, Coca-Cola ou Gillette.
Mais tous ces succès n'empêchèrent pas Anatoly Sobtchak d'être sévèrement battu aux municipales de juin 1996, puis inculpé pour corruption. Curieusement, la chute fracassante de M. Sobtchak donna un puissant coup d'accélérateur à la carrière de Vladimir Poutine qui s'en sorti sans une égratignure. L'une de ses vieilles connaissances, le libéral Anatoly Tchoubaïs - alors chef de l'administration présidentielle - l'invite alors à Moscou.
Vladimir Poutine est admis au sein du « clan eltsinien », devenant un membre de la « Famille ». Durant huit mois, Pavel Borodine, l'« indendant du Kremlin », chef de la Direction des affaires du président, lui confie en effet une tâche délicate : faire l'inventaire de tous les biens à l'étranger appartenant à sa puissante Direction - biens immobiliers pour la plupart estimés à quelques 50 millions de dollars... - puis les réenregistrer en bonne et due forme. Poutine le juriste s'acquitte parfaitement de cette mission.
En mars 1997, il est donc nommé numéro deux de l'administration présidentielle et prend la tête de la tête de la mystérieuse « Direction du contrôle ». Officiellement, ce département est chargé de veiller à la bonne application des oukazes et des décrets du président. Mais, selon le témoignage d'un ancien collaborateur, il fonctionne d'avantage comme un « mini- KGB », occupé en particulier à démasquer la corruption dans les régions. Sous le régne de Vladimir Poutine, d'épais dossiers auraient ainsi été constitués sur plusieurs gouverneurs de province. Ces « kompromaty » furent, disent les mauvaises langues, utilisés dans la constitution, puis dans la promotion, du bloc régional « Unité», grand vainqueur des élections législatives.
En juillet 1998, c'est donc à Vladimir Poutine que le Kremlin pense pour remplacer à la tête du FBS (le Service fédéral de sécurité) le peu loyal Nikolaï Kovaliov. Retrouvant le « nid familial », M. Poutine vole au secours de ses anciens protecteurs. En février 1999, le scandale « Mabetex » éclate. Le Parquet russe vient alors d'ouvrir une enquête sur cette société suisse, soupçonnée d'avoir versé d'énormes pots-de-vin, en échange de marchés de construction. Et plus, d'avoir servi de « pompe » pour mettre à l'abris (à l'étranger) la fortune de la « Famille ». Les deux filles de Boris Eltsine et Pavel Borodine, patron de la direction des affaires du président sont en première ligne, provoquant un vent de panique au Kremlin.
Mais grâce au savoir-faire de Vladimir Poutine, Iouri Skouratov, le gênant procureur général, est finalement mis hors d'état de nuire, écarté de ses fonctions et inculpé pour « abus de pouvoir ». Comme le confiait M. Skouratov, en avril au Monde, le FSB, dirigé par « Poutine l'homme de fer », s'emploit alors à freiner la transmission d'informations nécessaires au Parquet pour pousuivre la scandaleuse enquête.
ENFIN, dès la mi-juillet, le FSB de M. Poutine envoie un avertissement à Iouri Loujkov, le maire de Moscou, ennemi juré du « clan eltsine », en déterrant de sulfureuses informations sur les sociétés de son épouse Eléna Batourina.
En nommant Vladimir Poutine à la tête du gouvernement, en août dernier, le Kremlin ne s'est ainsi pas trompé de cheval. L'une de ses proches collaboratrices, expliquait récemment au Monde que la « mise sur orbite » de son patron était même prévue pour le mois de mai. « A l'administration présidentielle, certains ont eu peur. Poutine n'était pas une figure politique connue, et la Douma d'Etat [chargée d'entériner la candidature du premier ministre] aurait pu le refuser. A l'époque, il n'était pas possible d'entrer dans ce genre de confrontations », disait-elle.
Mais, la molesse de Sergeï Stépachine, l'éphémère premier ministre de mai à août 1999, ne tarda pas à convaincre le Kremlin. « Stépachine disait oui à tous ses interlocuteurs. Oui à Loujkov, oui aux communistes ou à Iabloko... Il fallait faire appel à une toute autre personnalité », confiait encore la proche de Vladimir Poutine.
Car outre sa fermeté sur les « affaires » touchant le Kremlin, Vladimir Poutine était également près à « sauter le pas » sur le dossier tchétchéne. Près à « prendre sur lui », comme le répétent à longueur de journées certains médias russes, la conduite d'une « opération antiterroriste » qui le fit exploser dans les sondages. Avant que Vladimir Poutine ne soit nommé président par intérim, le politologue Andreï Piontkovski prédisait une fin peu glorieuse à la nouvelle créature du « clan eltsine ». « C'est le travail des faiseurs d'image du Kremlin. Il y a quelques mois, on présentait Evgueni Primakov comme le « père de la nation ». Il incarnait alors la stabilité. Poutine a pris le relais. Il symbolise la renaissance de la Grande Russie, le dynamisme militaire et la victoire sur la « Tchétchénie terroriste » expliquait M. Piontkovski. Le « mythe Poutine volera lui aussi en éclats » ajoutait-il.
A trois mois de l'élection présidentielle, ce « mythe » sera probablement difficile à entamer. Car l'irrésistible ascension de M. Poutine, la « boîte noire » s'inscrit également dans une tendance générale : le grand retour des anciens du KGB sur le devant de la scène politique russe. Des hommes qui sont perçus dans l'imaginaire des Russes comme les restes d'un honneur perdu. Sanglé dans ses costumes à rayures, droit comme un i, Vladimir Poutine s'est ainsi imposé, à tort ou à raison, comme le premier homme politique russe à ne pas se laisser « dicter les conditions » par l'Occident. Dans la guerre en Tchétchénie, il n'a jusqu'ici pas reculé d'un poil, campé sur des positions jusqu'au boutistes, qui en font également le candidat rêvé d'une armée russe en déroute.
AGATHE DUPARC |
|  | | CPP Adam Smith


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 | Sujet: Re: Vlad l'Empaleur Ven 1 Déc - 8:38 | |
| Le dauphin de Boris Eltsine va mener l'offensive contre les autres prétendants
PORTRAIT
Espion professionnel et canonnier de la « Famille » Article paru dans l'édition du 11.08.99
Méconnu du grand public, l'« héritier » du Kremlin est un homme discret au tempérament de « tueur »
a carrière de Vladimir Poutine, le candidat officiel du Kremlin à la présidentielle de 2 000, est parsemée de zones d'ombre. A quarante-sept ans, le premier ministre par intérim, petit homme au regard perçant qui répugne à s'exprimer devant la presse, reste inconnu du grand public. « Il ne faut pas oublier que Vladimir Poutine est un espion professionnel. Il n'aime pas se mettre en avant », écrivait il y a peu l'hebdomadaire russe Profil, qui n'avait pas prévu que, poussé par les évenements, M. Poutine, le discret président du FSB (le contre-espionnage) et secrétaire du conseil de sécurité, ferait finalement acte de candidature à la présidence russe. Sa progression vers les hautes sphères de l'Etat témoigne pourtant d'un tempérament moins modeste qu'il n'y paraît. En 1975, M. Poutine, fraîchement diplômé de la faculté juridique de Leningrad (Saint-Pétersbourg), sa ville natale, entre au KGB. Il servira pendant quinze ans au sein de la « Première direction » (les services extérieurs) qui l'enverra en Allemagne, d'où il revient parfaitement bilingue.
En 1990, cette morne existence de « Kadroviï » (ces cadres dont le KGB disposait à sa guise), prend brutalement fin quand son ancien professeur de droit, le « démocrate » Anatoli Sobtchak, alors président du Soviet de Leningrad, lui propose un poste de conseiller.
Après la victoire, en juin 1991, de M. Sobtchak à la mairie de Saint-Pétersbourg, Vladimir Poutine continue son ascension, s'installant en mars 1994 dans le fauteuil de premier adjoint du maire. Selon la chaîne de télévision privée, NTV, Poutine « l'espion », aurait alors réactivé ses anciens contacts allemands quand il fut nécessaire de chercher des investissements étrangers pour la ville.
Mais c'est aussi la chute d'Anatoli Sobtchak - battu aux élections municipales de juin 1996, puis réfugié à Paris alors que le parquet ouvrait une enquête criminelle contre lui pour corruption - qui donne un coup d'accélération à sa carrière. Vladimir Poutine comprend qu'il n'a plus rien à faire à Saint-Pétersbourg. Le libéral Anatoli Tchoubaïs, originaire lui aussi de cette ville, alors chef de l'administration présidentielle, l'invite à Moscou.
En août 1996, Vladimir Poutine est admis au sein du « clan eltsinien ». Il sera pendant huit mois l'adjoint de Pavel Borodine, l'« intendant du Kremlin », patron de la richissime Direction des affaires du président. Puis, numéro deux de l'Administration présidentielle, il héritera de la Direction générale du contrôle, « mini-KGB » chargé de démasquer la corruption dans les organes supérieurs du pouvoir... Ou plutôt de constituer d'épais dossiers sur certaines personnalités, comme le confie un ancien du service, en prenant soin d'épargner les proches de Eltsine.
Quand en février 1999, le scandale « Mabetex » - cette société de construction suisse soupçonnée d'avoir versé d'énormes pot-de-vins à la Direction des affaires du président - éclate, M. Poutine qui, depuis juin 1998, a retrouvé la « maison mère », nommé chef du service de sécurité (FSB), vole au secours de Pavel Borodine. Grâce à ses soins, le gênant procureur général, Iouri Skouratov, est inculpé pour « abus de pouvoir ».
PREUVES DE FIDÉLITÉ
Comme l'affirmait en avril le procureur général Skouratov, le FSB, dirigé par M. Poutine, se montre alors peu coopératif dans la transmission d'informations nécessaires aux magistrats qui enquêtent sur la « Famille », les proches de Boris Eltsine.
Le Kremlin n'a pas oublié ces preuves de fidélité. Le tempérament de « tueur » du nouvel « héritier » tranchant avec la « mollesse » de Sergeï Stépachine. M. Poutine pourrait ainsi être chargé de déclencher une offensive de choc contre Iouri Loujkov, le maire de Moscou, et désormais l'ennemi juré de la maison présidentielle.
A la mi-juillet, le FSB déterrait ainsi de sulfureuses informations sur les sociétés de l'épouse du maire de Moscou. Mais, le parquet, chargé des « vérifications », estimait il y a peu que Mme Loujkov n'avait rien à se reprocher, ce qui a valu à Iouri Tchaïka, le procureur par intérim, d'être, mis à la retraite lundi 9 aôut. L'enquête ne demande qu'à être réactivée.
Si la « Famille » peut compter sur les talents d'ancien espion de Vladimir Poutine, elle aura encore du travail pour le faire accepter en Russie et connaître à l'étranger. C'est seulement à l'occasion de la guerre au Kosovo que les dirigeants occidentaux ont découvert l'existence de M. Poutine, le secrétaire du Conseil de sécurité s'étant laissé aller à quelques déclarations musclées contre l'OTAN.
AGATHE DUPARC |
|  | | CPP Adam Smith


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 | Sujet: Re: Vlad l'Empaleur Ven 1 Déc - 8:38 | |
| Vladimir Poutine, la cinquième direction et la chasse aux dissidents Article paru dans l'édition du 14.07.01
Une lettre d'un ancien collaborateur du KGB, publiée par « La Repubblica », éclaire le passé du président A LÉGENDE DU KGB, école de cadres modernistes, et de Vladimir Poutine, patriote espionnant à l'étranger au service de son pays, est mal en point. La publication par La Repubblica d'une enquête sur la véritable histoire du président russe jette une lumière moins anodine sur le successeur de Boris Eltsine.
Contrairement à ce qu'affirme sa biographie officielle, Vladimir Poutine n'aurait pas été immédiatement affecté, à sa sortie de l'université, à la PGOU ( primoe glavnoe oupravlenie ), la première direction, le « bras extérieur » du KGB. Le président de la Russie, que George W. Bush a regardé « au fond des yeux », aurait en fait commencé sa carrière dans la chasse aux dissidents, dans le « cinquième département », succursale de la « cinquième direction » de la maison mère de Moscou.
La Repubblica a publié, le mercredi 11 juillet, le fac-similé d'une lettre adressée par un ancien collaborateur du KGB, rebaptisé FSB après la fin de l'URSS, au magazine d'investigation Soverchenno sekretno (« Ultrasecret »).
Dans cette lettre du 5 janvier 2000, le colonel à la retraite V. (son nom et son adresse sont connus des rédactions du quotidien italien et du Monde ) conteste la version officielle du passé de Poutine. « J'ai des doutes, écrit le colonel V. On parle des cours auxquels Vladimir Poutine se serait brièvement inscrit après avoir fini l'université de Leningrad. Mais il ne s'est pas inscrit, il y fut envoyé. J'ai eu l'occasion de fréquenter ces cours du 1er février au 30 juin 1976 avec d'autres garçons (environ vingt-cinq), parmi lesquels Vladimir Vladimirovitch Poutine. Notre groupe était préparé selon la «cinquième ligne», c'est-à-dire pour «la lutte contre le sabotage idéologique de l'adversaire». »
CONTRE TOUS LES DÉVIANTS « V. V. Poutine n'a pas commencé à la PGOU, explique le colonel V., mais à la cinquième section de la direction de Leningrad, qui s'occupait du lavage de cerveau des dissidents et de leurs sympathisants. Ce n'était pas si simple d'entrer dans la PGOU ; sans une bonne pratique on ne l'aurait pas pris, a fortiori il n'a pu se porter volontaire. Il ne fait aucun doute que V. Poutine a travaillé trois ou quatre ans dans la cinquième, jusqu'à ce que les hommes de la PGOU le remarquent », et le préparent à poursuivre sa carrière à Dresde, dans les dernières années de la RDA.
Cette version est corroborée, dans le même numéro de La Repubblica, par Oleg Kalouguine, ancien chef adjoint du KGB de Leningrad, qui a rejoint très tôt le mouvement démocratique dans l'URSS finissante et vit maintenant aux Etats-Unis.
Oleg Kalouguine explique que Poutine a « travaillé - avec son ami Viktor Tcherkessov - sur les dissidents dans le service N5 de Leningrad, directement relié à la cinquième direction » de Moscou, recréé par Iouri Andropov pour lutter contre tous les déviants, pour les envoyer en exil, dans les camps ou en hôpital psychiatrique. Chef du FSB à Saint-Pétersbourg, M. Tcherkessov est connu pour avoir monté le procès en espionnage contre l'écologiste Alexandre Nikitine, et, en général, pour s'être illustré contre les dissidents, au point de tomber en disgrâce sous la pérestroïka quand la répression n'était plus à la mode. Viktor Tcherkessov a été nommé premier directeur adjoint du FSB quelque semaines après que son ami Poutine se fut installé au Kremlin.
DANIEL VERNET |
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 | Sujet: Re: Vlad l'Empaleur Ven 1 Déc - 8:40 | |
| QUI A COMMIS LES ATTENTATS DE 1999 ? Article paru dans l'édition du 17.11.02
A la fin de l'été 1999, la Russie est secouée par une série de bombes meurtrières. Moscou désigne les coupables : les Tchétchènes. L'enquête du « Monde » révèle des accusations et des indices accablants pour le pouvoir russe
EN août 1999, un millier de combattants tchétchènes et daghestanais, menés par le chef de guerre Chamil Bassaev et son associé saoudien Khattab, envahissent le Daghestan, petite république du Caucase voisine de la Tchétchénie et, comme elle, membre de la Fédération de Russie. Bassaev affirme vouloir venir en aide à des islamistes locaux prêts à l'insurrection. L'armée russe repousse les envahisseurs et quelques villages sont, au passage, réduits en poussière. Mais, surtout, la Russie se déclare « attaquée par le terrorisme international » - un danger dont le Kremlin n'a cessé d'agiter la menace ces dernières années, sans jamais réussir à en convaincre l'Occident.
A Moscou, un Boris Eltsine aux abois en profite pour changer de premier ministre, pour la deuxième fois en deux mois. Au falot Viktor Stépachine succède un inconnu, Vladimir Poutine, officiellement présenté le 9 août 1999 comme le dauphin du président. « Cet homme, c'est la solution finale du problème tchétchène », annonce Boris Eltsine en le présentant à la télévision. Formule de mauvais augure à laquelle, hormis les Tchétchènes, personne ne prête attention.
Ce moment constitue pourtant un tournant dans l'histoire russe récente, et la situation va prendre un tour nettement plus dramatique. Lorsque, le 24 septembre, Vladimir Poutine jure de « buter [les terroristes] jusque dans les chiottes » et renvoie les bombardiers en Tchétchénie, une série d'attentats vient d'ébranler la Russie. En moins de trois semaines, du 31 août au 17 septembre, de terribles explosions ont secoué successivement un centre commercial proche du Kremlin, une petite ville du Daghestan et, surtout, deux immeubles densément habités dans des quartiers populaires de Moscou, puis un autre immeuble dans une ville du Sud, Volgodonsk. Plus de 300 morts, des milliers de blessés. Le pays est plongé dans l'horreur, traumatisé. Les autorités russes montrent aussitôt les coupables du doigt : les Tchétchènes.
Que s'est-il passé pendant l'été 1999 ? Cet épisode fondateur du nouveau régime russe et point de départ de la deuxième guerre de Tchétchénie recèle tant de mystères et de contradictions que la question n'en finit pas de se poser : et si cette série d'attentats n'était qu'une machination ?
La rumeur, à l'époque, ne tarde pas à désigner le suspect numéro un : Boris Abramovitch Berezovski, « BAB », éminence grise du Kremlin, un des pionniers du « capitalisme » post-soviétique qui apparaît de plus en plus à l'époque comme l'un des grands maîtres du chaos russe. Ses liens avec les Tchétchènes les plus radicaux, et notamment avec Chamil Bassaev, sont connus. On le soupçonne d'avoir provoqué la plupart des enlèvements d'étrangers dans le nord du Caucase dont il se posait ensuite en libérateur, devant les écrans de ses chaînes de télévision. En septembre 1999, l'un de ses proches, jeune affairiste français, contacte Le Monde en Russie. Au téléphone, il a perdu sa belle assurance et lâche son ami : « Boris annonce d'autres attentats. Il est devenu fou. C'est fini, je n'ai plus rien à faire avec lui. Il doit penser que c'est en déchaînant le chaos qu'il pourra installer son homme fort au pouvoir. Et saisir au passage de nouveaux morceaux du gâteau russe, y compris la Caspienne. C'est pour ça qu'il a organisé l'invasion du Daghestan par les Tchétchènes. Bassaev a reçu 30 millions de dollars pour ça, et des armes. »
Dans la presse russe, des articles renforcent cette thèse. Les projets d'invasion du chef de guerre Chamil Bassaev, qui se voyait déjà en « émir » d'un Etat islamique de Tchétchénie et du Daghestan libérés du joug russe, étaient connus dans toute la région. Pourtant, les unités militaires russes ont été retirées de la frontière du Daghestan juste avant que les boeviki (combattants) y entrent, puis les ont laissés sortir. Le quotidien d'opposition proche du maire de Moscou, Iouri Loujkov, Moskovski Komsomolets, publie, après les attentats, une série d'extraits d'écoutes téléphoniques de Boris Berezovski conversant avec ses amis tchétchènes, proches de Bassaev. Ces derniers s'y plaignent de ne pas avoir reçu tout l'argent promis, ou de l'apparition d'avions qui bombardent les boeviki au Daghestan, « ce qui n'était pas prévu dans les accords ». Pour tout démenti, Berezovski se borne à qualifier ces enregistrements de « compilations malhonnêtes d'écoutes faites à des moments différents ». Mais selon le directeur du journal, l'agent du FSB (héritier du KGB) qui les a livrés a ensuite été assassiné.
Plus étonnant, le 12 octobre 1999, c'est au tour d'un quotidien appartenant à BAB lui-même, Nezavissimaïa Gazeta, d'écrire, sous la plume de son rédacteur en chef Vitali Tretiakov, un homme très informé et proche de Berezovski : « Il est absolument évident que les Tchétchènes ont été incités à entrer au Daghestan pour obtenir un prétexte légal au début de la phase active de la lutte contre les terroristes réunis en Tchétchénie. Il est clair que c'était une opération des services secrets (à ne pas confondre avec la destruction des immeubles) sanctionnée politiquement au plus haut niveau. »
Les lecteurs avertis de Vitali Tretiakov voient là un double message : d'accord, les preuves existent que BAB a joué un jeu trouble avec les terroristes, mais c'était pour le plus grand bien de l'oligarchie menacée et avec la bénédiction du « sommet » (le sommet, à ce moment-là, c'est la cellule de crise de l'opération « Héritier », qui agit au nom du président Eltsine reclus à l'hôpital ; elle est composée de BAB, du chef de l'administration présidentielle, Alexandre Volochine, de la fille du président, Tatiana, et de son futur mari, Valentin Ioumachev). Deuxième partie du message : n'allez surtout pas croire que ceux-là laisseront percer un jour leur implication dans l'organisation des attentats.
La précision, donnée entre parenthèses, est devenue indispensable. Car, entre-temps, il y a eu l'affaire de Ryazan. Celle qui a popularisé, plus encore que tout le reste, la thèse de la culpabilité du Kremlin et de ses services secrets.
Le 22 septembre au soir, un habitant de cette ville du coeur de la Russie aperçoit trois personnes transportant des sacs d'une voiture dans une cave. Il donne l'alerte, les agents du FSB local et la police arrivent, constatent que les sacs ressemblent à de l'explosif et sont reliés à un détonateur. L'immeuble est évacué dans la panique et le contenu des sacs analysé sur place : il se révèle être de l'hexogène, l'explosif utilisé dans les attentats précédents contre les immeubles. Le FSB local ouvre une enquête pour terrorisme, tout le monde se félicite de la vigilance du public et des autorités, à commencer par M. Poutine. Le surlendemain, coup de théâtre : le chef du FSB russe, Nikolaï Patrouchev, annonce que toute l'affaire n'était qu'un « exercice » de ses services pour tester l'état de préparation du pays, que les sacs contenaient du sucre et que le détonateur était un leurre.
Personne n'y croit. Car le revirement a suivi l'annonce de l'arrestation d'un couple d'agents du FSB - ceux qui ont posé l'explosif. Des journalistes recueillent des témoignages de responsables locaux, qui s'en tiennent à leur première version : il s'agissait bien d'explosifs, et ni les chefs locaux du FSB et de la police ni même le gouverneur de la région n'avaient été informés d'un quelconque « exercice ». Un soldat d'une base militaire voisine affirme qu'il a eu à garder, dans un local interdit d'accès, des « sacs de sucre » dont le contenu, des granulés jaunâtres, ne sucrait rien du tout.
Mais Ryazan passe presque aussitôt au second plan. Le 24 septembre, les dirigeants russes, M. Poutine en tête, tiennent un discours extrêmement belliqueux sur la Tchétchénie. Ils annoncent que les auteurs des attentats de septembre sont connus, mais qu'ils ont malheureusement réussi à s'enfuir vers la Tchétchénie. Une dizaine de noms sont publiés, dont aucun n'est tchétchène, même si cinq sont des Karatchaïs, originaires d'une autre république du nord du Caucase. Curieusement, notre homme d'affaires français proche de Berezovski avait évoqué une alternative envisagée au cas où l'invasion du Daghestan se révélerait impossible : celle d'envoyer les Tchétchènes « libérer » la république de Karatchaevo-Tcherkessie, où des wahhabis étaient très actifs et où BAB se fera, à l'automne, élire député à la Douma. Les « sacs de sucre » étaient d'ailleurs marqués comme provenant de cette république, où, pourtant, aucune sucrerie n'existe.
Parallèlement, les détails connus de l'enquête sur les attentats de Moscou révèlent des pressions pour en masquer les résultats. Par exemple, la maîtresse du principal suspect, le Karatchaï Atchimez Gotchiyaev, celui qui aurait loué les locaux où ont été entreposés les explosifs, a été arrêtée puis libérée la nuit même, « sans raisons connues », note le quotidien Kommersant. Bien connu des autorités, Gotchiyaev a été condamné par deux fois à des peines de prison et deux fois relâché prématurément. La version officielle sur les attentats varie sur un point important : le FSB annonce d'abord que l'explosif utilisé dans tous les cas est de l'hexogène. Le nom devient si commun que le premier écrivain russe à consacrer un livre à ce sujet l'intitule Monsieur Hexogène. Or, très vite, l'explosif devient officiellement du « salpêtre ammoniacal mêlé à de la poudre d'aluminium ». Explication : l'hexogène n'est produit, à grand coût, qu'à usage militaire et par les militaires. De source diplomatique, on apprend aussi que les dirigeants russes ont décliné toutes les offres de coopération des experts étrangers arrivés en toute hâte à Moscou, notamment des Américains et des Français. A cela s'ajoute la célérité tout à fait inhabituelle en Russie avec laquelle sont déblayés les débris des immeubles, alors que les Américains, l'année précédente, ont mis deux mois à examiner morceau par morceau les gravats de leurs ambassades au Kenya et en Tanzanie, trouvant ainsi de précieux indices.
Quatre mois plus tard, le 31 décembre 2000, Boris Eltsine démissionne. En mars 2000, Vladimir Poutine est élu président haut la main. L'opération « Héritier » a réussi. On n'a plus jamais reparlé des « sacs de sucre », ni des personnes qui les avaient posés à Ryazan. L'enquête du FSB local a été illégalement fermée. Les députés de la Douma n'ont jamais pu réunir les voix nécessaires pour ouvrir une simple enquête parlementaire, ni en janvier 2000, ni au printemps 2002.
Les Tchétchènes n'ont jamais cessé de nier leur culpabilité dans les attentats de 1999. Si ce n'est eux, qui donc, parmi les Russes, pourrait être derrière ? Boris Eltsine, semi-grabataire ? Vladimir Poutine, qui a toujours couvert les malversations de ses chefs ? Un chef suprême et inconnu, collectif ou non, de la mafia russe ? Ou bien Berezovski qui, dès 1997, assurait que l'élection présidentielle « se jouerait autour de la question tchétchène » ?
Le président tchétchène Aslan Maskhadov a très vite affirmé au Monde que les attentats ont été organisés par le Kremlin pour déclencher une guerre électorale. Venant de lui, l'accusation n'a guère de portée. Mais le maire de Moscou, Iouri Loujkov, le présentateur vedette de NTV, Evgueni Kisselev, ou le financier américain George Soros accusent Berezovski, en termes plus voilés. Et, plus explicitement, Vladimir Jirinovski, certains communistes ou l'ex-candidat à la présidence Alexandre Lebed accusent « le Kremlin ».
FIN novembre 1999, l'ami français de BAB fournit une nouvelle interprétation : « Boris [Berezovski] n'y est pour rien. C'est le FSB qui a tout organisé. Pas un groupe isolé au sein du FSB, mais le FSB comme organisation. Il y a des preuves. » Autrement dit, Berezovski aurait, dès ce moment-là, décidé d'accuser le chef du FSB qui, à l'époque où les attentats étaient en préparation, était Vladimir Poutine ou son successeur, Patrouchev, agissant sous son autorité. En décembre, BAB se déclare en faveur de négociations avec les Tchétchènes les plus radicaux et accuse Poutine de « manquer de vision stratégique ». Clairement, l'initiative lui a échappé. D'autres sources moscovites confient au Monde que le scénario de BAB a été détourné par les généraux partisans de la guerre jusqu'au bout et de jeunes oligarques qui se sont émancipés de lui.
En conflit ouvert avec le président depuis l'été 2000, Berezovski, qui a choisi l'exil en France, puis en Grande-Bretagne, n'a toujours pas produit la moindre des preuves dont il menace Poutine. Sa conférence de presse à Londres, en mars 2002, convoquée à grand bruit, n'apporte rien de nouveau. Trois ans après, les zones d'ombre des attentats de 1999 restent entières, et les interrogations sur la prise d'otages de Moscou n'ont fait qu'accroître le doute.
FIN
SOPHIE SHIHAB
Dernière édition par le Sam 2 Déc - 4:09, édité 2 fois |
|  | | vince Nebosja Krupnikovic

Nombre de messages: 4765 Age: 46 Date d'inscription: 06/02/2006
 | Sujet: Re: Vlad l'Empaleur Ven 1 Déc - 20:14 | |
| C'est déjà pas une campagne de presse Meme si c'est vrai pourquoi tout sort en ce moment ? |
|  | | CPP Adam Smith


Nombre de messages: 839 Localisation: Bientôt dans les geôles de l'état français. Date d'inscription: 08/01/2005
 | Sujet: Re: Vlad l'Empaleur Sam 2 Déc - 3:48 | |
| c'est des articles de 1999 à 2002... On pourra pas dire qu'on ne nous avait pas prévenus... L'article en gras est édifiant...  |
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