Le bilan des Echos, qui n'est pas un journal gauchiste!! et qui oublie de parler d'un point clé..le mécanisme de maintien de la ressource des collectivités territoriales n'est pas pérenne.
La réforme de la taxe professionnelle a fait six fois plus de perdants que prévuLa réforme a conduit 845.000 entreprises à payer davantage. Mais elle a fait 2 millions de gagnants et reste très favorable aux employeurs, en particulier aux établissements de taille intermédiaire.Ecrit par
Lucie ROBEQUAIN
Journaliste
Près de deux ans après la suppression de la taxe professionnelle et son remplacement par la contribution économique territoriale, le gouvernement est enfin en mesure de dévoiler l'impact réel de la réforme - la plus coûteuse du quinquennat
(5 milliards d'euros annuels) et la plus cruciale aux yeux des entreprises. C'est la rapporteure du Budget au Sénat, Nicole Bricq, qui en fait état dans son rapport sur les prélèvements obligatoires, présenté hier.
Ce bilan réserve quelques surprises. Parmi les mauvaises : la réforme a fait beaucoup plus de perdants que prévu, si l'on en croit la commission des Finances. Bercy en comptabilise près de 845.000 en 2010, soit le quart des entreprises. C'est six fois plus que ce que les simulations présentées en 2009 par le gouvernement laissaient présager (128.700 perdants). Ceux-ci ont perdu en moyenne 604 euros. La bonne surprise, c'est que les gagnants sont également beaucoup plus nombreux (2 millions au lieu de 1,1). Ils représentent finalement 60 % des entreprises et affichent une baisse d'impôt moyenne de 4.080 euros. Un niveau très élevé, qui montre que la réforme reste globalement très favorable à la majorité des entreprises. Les établissements n'ayant subi ni de hausse ni de baisse d'impôt sont, eux, nettement moins nombreux que prévu.
Les perdants sont en fait particulièrement nombreux chez les « petits » et les « grands ». Les petits établissements perdants subissent une hausse moyenne de 38 euros, mais certains d'entre eux font état d'une augmentation de plusieurs centaines d'euros, relève Nicole Bricq. Les grandes entreprises (chiffre d'affaires supérieur à 7,6 millions d'euros), quant à elles, acquittent 80 % du nouvel impôt économique, alors qu'elles ne payaient que 70 % de l'ancien. Elles bénéficient donc relativement moins de la réforme que les autres. Au final, ce sont les entreprises de taille intermédiaire - peu nombreuses en France -qui ont le plus profité de la réforme, notamment celles déclarant un chiffre d'affaires compris entre 152.500 et 3 millions d'euros.
Les banques, seules perdantesLa réforme a aussi atteint son principal objectif, à savoir une baisse massive d'impôt pour l'industrie. Avec un gain de 2,2 milliards d'euros, ce secteur accapare le quart des gains. Comme prévu, les banques sont les seules perdantes, avec 6 % d'impôt à payer en plus.
Malgré ces premières remontées (il ne s'agissait auparavant que de projections), le Sénat estime que les bienfaits économiques de la réforme ne sont toujours par démontrés.
« Les coûts de production ont-ils baissé ou les industriels ont-ils augmenté leurs marges ? », s'interroge Nicole Bricq, qui relève, par ailleurs, une incohérence entre la suppression de la TP et la surtaxe d'impôt sur les sociétés envisagée par le gouvernement.
« Les entrepreneurs ne voient plus quelle est la cohérence fiscale depuis 2007. »LUCIE ROBEQUAIN, Les Echos